Comme son nom l’indique, la blockchain, ce sont des blocs d’informations (block) enchaînés les uns aux autres (chain). Même si au premier abord, son concept paraît simple, la technologie de la blockchain est bien plus complexe qu’elle en a l’air.

D’ailleurs, tu en as sûrement entendu parler récemment dans l’actualité. Dans le cadre du projet de loi Pacte, la France essaie de mettre en place un cadre juridique pour les ICOs (Initial Coin Offerings). Une ICO, c’est une méthode de levée de fonds qui permet de financer les projets basés sur la blockchain. Le gouvernement français s’y intéresse…cela montre bien que la blockchain est une technologie en passe de devenir incontournable.

1-Comment fonctionne la blockchain ?

La blockchain est une technologie permettant de stocker et de transmettre des informations de manière transparente et sécurisée. Elle fonctionne sans organe central de contrôle. La logique est donc très différente de la méthode traditionnelle qui consiste à stocker les informations sur une base de données centralisée dont l’accès est ouvert à un groupe restreint de personnes. C’est comme ça que fonctionne Facebook par exemple. Pourtant, c’est beaucoup plus simple pour les hackers de pirater un système centralisé car ils peuvent savoir exactement où la donnée est déposée alors qu’un réseau décentralisé est difficilement attaquable. C’est là toute la différence entre les deux approches et c’est ce niveau de sécurité qui a permis à la blockchain de se développer.

Schéma de validation de blocs d'une blockchain
Schéma de validation de blocs d’une blockchain

Au sein d’une blockchain, l’information circule et est distribuée de manière à ce qu’il est impossible à quiconque de la contrôler. Au contraire, chacun qui contribue à la blockchain aide à la maintenir. La blockchain est totalement transparente, chaque modification est enregistrée directement dans le bloc et ne peut être modifiée a posteriori.

2-Le tout premier bloc ou la naissance de la blockchain

Le concept-même de la blockchain remonte au début des années 90. Il a été pensé pour la première fois par des ingénieurs informatiques qui ont décrit un moyen d’horodater des documents digitaux pour les rendre infalsifiables. Chaque création, édition ou interaction était enregistrée et horodatée rendant le document totalement fiable. Même si les cryptos trouvaient l’idée intéressante, sa portée était relativement restreinte. En effet, Internet n’en était qu’à ses débuts et était surtout utilisé par les gouvernements et les grandes entreprises. Internet fonctionnait également moins rapidement qu’aujourd’hui.

Le concept de blockchain tel qu’on le connaît à l’heure actuelle, est apparu il y a dix ans quand un certain Satoshi Nakamoto a publié un papier intitulé “Bitcoin: A Peer to Peer Electronic Cash System”. C’est un document facilement lisible (il ne fait que 9 pages) dans lequel est évoqué pour la première fois “un système de paiement électronique peer-to-peer”. Rapidement, Bitcoin est passé de la théorie à la réalité et pendant quelques années, les mots blockchain et Bitcoin étaient synonymes.

Les transactions financières, voilà à quoi se limitait la technologie blockchain jusqu’à ce que les utilisateurs de Bitcoin décident d’explorer de nouvelles manières de la mettre à profit. Depuis le lancement en 2015 d’Ethereum, une plateforme de crypto-monnaies et de blockchain, la blockchain a explosé dans toutes les directions : son utilisation n’est maintenant plus réservée qu’aux crypto-monnaies.

3-L’essor des crypto-monnaies

Comment est-on passé d’un simple système de distribution d’informations entre ordinateurs à une phénomène tech répandu dans le monde entier ?

Il faut se pencher sur les crypto-monnaies – l’application la plus connue à l’échelle mondiale de la blockchain – pour trouver la réponse. Les crypto-monnaies sont constituées de blocs d’informations relatifs à une transaction : qui émet l’argent, qui le reçoit et quel montant est transféré. Chaque bloc de transaction a également son propre et unique identifiant que l’on appelle un “hash” et qui regroupe toutes ces données. La moindre modification au niveau des informations change automatiquement le hash de manière à ce que chaque Bitcoin ou n’importe qu’elle autre crypto-monnaie puisse raconter son histoire.

Chaque hash est inextricablement lié aux autres dans une chaîne d’informations qui est impossible à altérer sans que le changement ne soit pas remarqué immédiatement. Par exemple, dans une chaîne de dix blocs, si une modification était apportée dans le bloc numéro 4, alors tous les blocs suivants (5, 6, 7, 8, 9 et 10) deviendraient invalides. Il serait très facile de voir à partir de quel bloc et à quel moment le changement a été fait. Pour que chaque modification soit acceptée, la communauté doit la valider via un consensus. Dans le cas contraire, la modification est rejetée.

La blockchain est par nature décentralisée et c’est ce qui la permet de maintenir sa sécurité. Il n’y a aucune autorité centrale vérifiant chaque hash. Chaque personne qui rejoint le réseau en réalisant une transaction, obtient une copie complète de la blockchain et peut vérifier de son côté qu’elle est correcte et qu’elle n’a pas été altérée. Il n’y a donc plus besoin de placer toute sa confiance dans une personne ou une entreprise ; dans une blockchain, c’est le groupe dans son ensemble qui est garant de la confiance.

4-Applications et évolution : le potentiel de la blockchain

La création de la plateforme Ethereum a permis d’ouvrir la voie à de nouvelles applications de la blockchain. De nouveaux tokens – terme que l’on peut traduire par “jetons” en français et qui désigne un actif numérique que l’on peut acquérir avec une crypto-monnaie – ainsi que de nouvelles façons de réaliser des transactions se sont développés. Chaque nouvelle ICO qui s’achève avec succès offre de nouvelles possibilités quant à la blockchain.

Exemple de blockchain d'un livre des comptes
Exemple de blockchain d’un livre des comptes

On peut prendre l’exemple du smart contract ou “contrat intelligent” en français qui est l’équivalent d’un contrat traditionnel mais en informatique. Il est réalisé sur la blockchain pour le sécuriser et rendre infalsifiables les termes et les conditions de son exécution qui sont programmées au sein-même de sa structure.

L’industrie publicitaire est un des domaines dans lequel la blockchain peut s’appliquer concrètement. Varanida est un projet qui utilise la blockchain pour améliorer la publicité en ligne. Cette start-up française souhaite mettre en place un écosystème qui bénéficie aux annonceurs, éditeurs et internautes. Ces derniers peuvent décider des publicités qu’ils veulent voir et des données personnelles qu’ils souhaitent partager avec les sites. Et en plus, ils gagnent des tokens en naviguant sur Internet.

Et bien sûr, la blockchain ne se limite pas qu’au digital. C’est le cas par exemple d’Arianee qui permet d’inscrire les articles de luxe et de leur générer un certificat d’authenticité sur la blockchain afin de leur attribuer une identité digitale unique et irremplaçable. Le concept est unique car il va permettre d’établir un lien unique et anonyme entre les propriétaires d’articles de luxe et les marques.

Le potentiel de la blockchain ne fait que commencer. Bitcoin vient seulement de fêter ses dix ans et la plupart des projets blockchain sont encore plus jeunes que ça. On peut facilement imaginer le potentiel que peut avoir la blockchain sur une grande partie des produits et services.

Comprendre la révolution blockchain
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