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Bientôt âgée de 29 ans, elle a à présent près de 10 ans de carrière derrière elle. Retour sur le parcours de Gaëlle, aujourd’hui planneur stratégique en agence.

Après avoir fait un DUT à l’IUT d’Evry-Val-d’Essonne, elle réalise une licence spécialisée dans le management d’évènement et dans la communication à Lille. Ce n’est qu’en 2013 qu’elle décide de passer son master, où elle choisit d’étudier la communication digitale. Je te propose de découvrir le parcours de Gaëlle Baudet, aujourd’hui planneur stratégique chez « Lever de Rideaux ».

Gaëlle Baudet
Gaëlle Baudet

Salut Gaëlle, raconte nous ton parcours !

J’ai commencé dans un réceptif tunisien suite à un DUT Techniques de Commercialisation donc qui est un DUT très général, parce qu’à l’époque, je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Mais je savais que les métiers de la com’ m’intéressaient !

Au cours de ces 2 années, j’ai fait une année en alternance où j’ai été commerciale, un poste qui m’intéressait, et puis ensuite j’ai eu l’occasion de mener plusieurs projets avec mes camarades de classe. J’ai vu que j’avais toujours un peu le lead sur les projets, que j’aimais bien diriger, donc je me suis dit « tiens, y’a peut-être un truc à creuser là ».

Ensuite, j’ai fait une licence en management de l’évènementiel à Lille et aussi j’avais des projets à faire en groupe ou alors seule. Mais quand j’ai eu besoin de chercher un stage, je me suis dit « tiens, c’est bizarre, tous mes projets tournent autour du voyage ! Il y a peut-être aussi un truc à creuser là-dedans ».

Je me suis donc dit que j’allais chercher une boite qui fait dans le voyage d’affaire. A l’époque, je ne savais pas trop ce que ça signifiait, et la vie à fait que j’ai intégré un réceptif tunisien. Cette année là, c’était la grande période de la Tunisie : il n’y avait pas encore eu la révolution arabe, donc ça marchait du feu de Dieu !

J’ai travaillé dans une de ces entreprises où je m’occupais de répondre aux briefs des agences qui voulaient organiser des voyages en Tunisie. Je réservais, je leur proposais des restaurants, des activités etc, et après avec tout ça, l’agence montait une recommandation et allait la présenter à son client. J’étais en bout de chaîne et je me suis rapidement rendue compte que la Tunisie c’était sympa, mais qu’il n’y avait pas que ça dans la vie, et qu’il y avait surtout plein d’autres destinations à découvrir !

Pourquoi s’orienter vers la com’ ?

Je ne voulais pas quelque chose de précis, et c’est vrai que ce qui m’avait charmé avec le DUT Tech de Co, c’est que l’on apprenait plusieurs choses : la compta, le marketing, la com, etc.

En fait, on voyait plein de domaines, ça nous donnait un petit peu la vision de chaque métier et, ça me permettait surtout de rester dans du général. J’avais fait un bac ES et je ne souhaitais toujours pas me spécialiser.

C’est au fur et à mesure de mes 2 années d’études que j’ai découvert que j’aimais gérer des projets. Et c’est vrai que depuis toute petite, à la base, moi je voulais être dans la communication, et voilà, les choses se sont faites comme ça finalement !

Le Master : « Vas-y je reprends mes études ! »

Ce qui s’est passé, c’est qu’après mon DUT et ma licence pro je suis partie en stage pendant 6 mois. Ensuite, je suis partie en Angleterre avant de rentrer en France où j’ai continué à travailler. Je crois que j’avais 26 ans à l’époque, j’avais des amies qui avaient un master, qui grimpaient professionnellement, qui gravissaient les échelons, et moi je restais un peu à stagner dans ma boite qui était Jet Stim à ce moment là.

Du coup, je me suis dit « Attend, qu’est-ce que je fais là ? Eux ils progressent, ils ont des salaires de plus en plus intéressants, et moi je suis un peu à un plafond avec mon salaire … Qu’est-ce que je fais ? Comment je vois ma vie ? ». Et je me suis dit qu’il y avait 2 solutions : soit je changeais d’agence parce que c’est comme ça aussi que tu augmentes ton salaire, et que tu prends en responsabilité. Soit, je reprenais mes études. Et comme je suis un peu comme ça, j’ai dit « vas-y je reprends mes études ». Ainsi la vie est faite, en cherchant on trouve, et j’ai trouvé une école qui proposait un master en communication avec une rentrée en janvier.

J’ai alors choisi de partir sur de la communication digitale essentiellement parce que c’était axé communication, et je me rendais bien compte nos clients dans mes expériences passées étaient de plus en plus demandeurs sur l’aspect digital dans les évènements. Je me suis alors dit que, quitte à faire les choses correctement, autant que ce soit en intégrant le digital à mon cursus.

La recherche d’emploi, compliquée avec un master ?

Pour moi ça n’a pas été si difficile que ça, du fait d’avoir déjà une expérience à l’étranger. J’ai trouvé du travail assez rapidement, donc ma recherche d’emploi à l’issue du master n’a pas été une grande difficulté. Par contre, je pense que d’un point de vu salarial, dans des grosses boites, avoir le niveau d’un master joue énormément. Parce que, quand dans certaines boites tu n’as pas un niveau master, tu es contraint à un salaire plus bas selon les grilles salariales instaurées.

Et puis après, il y a peut-être aussi un peu de fierté à se dire « j’ai été jusqu’au bac +5 ». C’est vrai qu’aujourd’hui sur le marché du travail, beaucoup d’étudiants ont au moins une licence et ils ont souvent fait au moins 1 an à l’étranger. Donc pour te démarquer, je pense qu’il faut avoir fait des stages en béton armé qui correspondent exactement à la carrière que tu vises, de sorte à pouvoir dire « pendant ce stage j’ai fait ci, j’ai fait ça ». Mais je suis convaincue qu’avoir un master est un plus.

Après, encore une fois, tout dépend de ce que tu fais et dans quel secteur tu souhaites évoluer. Si tu es vraiment sur de la communication, ça risque d’être compliqué car il y a beaucoup de candidats pour un nombre plus restreint de poste. Contrairement aux métiers qui touchent au développement web, là, les places sont moins difficiles d’accès on va dire, car il y a beaucoup de demandes des employeurs.

Destination chef de projet « incentive »

Ce qu’il faut savoir, c’est que l’« incentive » est en fait un voyage, ça regroupe plein de choses. Le terme français correspondait serait « récompense » : suite à un challenge, les gens gagnent ce voyage par leur entreprise. Donc ça peut être des voyages de récompense, des voyages de fidélisation pour des clients importants, des voyages de motivation pour rebooster un petit peu les équipes quand on sent que les chiffres sont un peu en baisse, ou encore des voyages par rapport à du mérite.

Le but de l’incentive est d’amener des personnes à une destination et de leur faire vivre une expérience unique au travers d’un voyage. Parfois c’est du long courrier ou du moyen-courrier, ça dépend. Et du coup, face à ça, notre mission est de vraiment faire vivre le voyage inoubliable de sorte à ce que le collaborateur en voyage se dise « ah ouais, franchement, je bosse chez Coca, j’ai bien fait de me défoncé toute l’année à faire mes chiffres, parce que là c’est vraiment chouette ! ». La finalité, c’est que les participants valorisent leur entreprise au travers du voyage.

Et tes voyages dans tout ça ?

Là où j’ai voyagé, c’était parfois pour des études de terrain, donc pour aller découvrir des destinations que je ne connaissais pas. Je pense que dans le métier, quand on veut vendre du voyage, c’est important de savoir ce que l’on vend. Et c’est souvent ainsi ! Par exemple, tu ne peux pas vendre du vin si tu n’en bois pas, sinon c’est un petit peu compliqué pour être crédible.

J’ai également beaucoup voyagé par rapport aux groupes que j’ai eu. Du coup, c’est essentiellement de par mon métier que j’ai était amenée à voyager. Et au-delà de ça, j’aime voyager. Je pense donc que tu ne peux pas vendre du voyage si tu n’as pas le goût du voyage.

Gaëlle : « Là où je voyage c'est pour découvrir les destinations que je ne connais pas. Quand on veut vendre du voyage, il faut savoir ce qu'on vend»Click to Tweet

Le métier de planneur stratégique

Alors, Lever de Rideau est une agence tournée vers des évènements corporate. Elle a de très beaux comptes client. C’est la 4ème agence d’évènementiel en France. Elle a eu des belles récompenses sur divers challenges. Et parfois, les agences sont challengées entre elles, c’est plutôt rigolo, et Lever de Rideau a reçu pas mal de récompenses sur ces challenges.

Nous au planning stratégique, on va essayer d’extraire du contenu. En gros, notre rôle quand on reçoit un brief, ça va être d’aller étudier la marque, savoir quelle est la marque, quelles sont ses nouveautés. L’objectif à ce niveau-là, c’est de définir « pourquoi elle veut faire cet événement ? ».

Par exemple, le client nous dit « je veux faire un séminaire pour remettre de la cohésion dans les équipes. » Okay, mais pourquoi ? Dans quel état d’esprit sont aujourd’hui les collaborateurs ? Quel message vous voulez véhiculer ? Après l’événement, qu’est ce que vous voulez que les collaborateurs retiennent ? Quelle est l’atmosphère aujourd’hui qui règne dans l’entreprise ? Est-ce que les collaborateurs sont heureux ? Est-ce qu’ils font la tête ? etc.

Le but est de « tirer les vers du nez » de notre client pour aller chopper le maximum d’informations, et à partir de toutes ces informations, on fait des recherches sur les valeurs de l’entreprise et son discours. Nous n’allons pas proposer un concept, ni dire « Voilà, votre séminaire vous allez le faire à Disneyland Paris, vous allez être dans tel hôtel, et dans telle et telle salle». Notre mission c’est vraiment de créer une histoire autour de l’événement, et que le client se dise « Ah ouais, mon événement c’est pas juste un séminaire pour présenter la nouvelle 3008, c’est vraiment un événement à part entière ! »

Les atouts de la profession (en plus de tester les voyages)

C’est une très bonne question aussi. Effectivement, rien ne présageait qu’un jour ou l’autre je serais planneur stratégique. Et aujourd’hui, sincèrement, je ne me sens pas encore planneur stratégique.

Quand j’étais chez EGG, j’avais une liberté d’expression qui était plus importante que chez Jet Stim, et du coup, j’ai découvert que j’aimais bien donner une thématique à mes évènements. Là par exemple, j’ai monté un programme sur Oman, et j’ai découvert qu’Oman était une destination avec beaucoup de contrastes : avec l’aspect mer, l’aspect montagne et l’aspect désert. Du coup, j’ai monté toute une recommandation autour des contrastes d’Oman, avec des journées thématisées comme la journée montagne, la journée désert, ou encore la journée mer.

Donc quand « Lever de Rideau » est venu me chercher chez EGG, je leur ai présenté le projet, et j’ai réalisé que j’arrivais facilement trouver des noms, mais à ne pas raconter d’histoire (storytelling). Donc j’ai accepté ce challenge en rejoignant Lever de Rideau, de parvenir à vraiment raconter une histoire autour des noms que je trouvais. Et puis, j’en étais à un stade ou ça faisait 10 ans que je fais de la logistique et je me suis dit « okay, tu arrives à tes 30 ans, c’est sympa mais le poste de planneur stratégique te permettra peut-être de moins voyager ou encore d’envisager une vie de famille, etc ».

C’est un challenge ! Moi dans ma vie, je me suis toujours dit « si les opportunités arrivent, ce n’est pas par hasard ! ». Il y avait une opportunité à prendre, c’était l’occasion d’apprendre quelque chose : je le tente, si ça marche, ça marche, et si ça marche pas, tant pis.

Planneur stratégique : un métier de passion ?

Alors là, tu prêches une convaincue ! Effectivement, c’est vrai que la com’ c’est un métier de passion. C’est-à-dire que souvent, quand tu es en rush sur un dossier, il y a des deadlines à respecter. Concrètement, ta deadline peut être très courte, ça peut vite être une course contre la montre. Par exemple, cas typique : aujourd’hui j’avais une recommandation à rendre à un client pour 17h. Ça veut dire que toute la semaine j’ai dû m’organiser pour terminer çà à 17h ce soir. Et ce matin, j’ai reçu la recommandation qu’une collègue avait fait sur Dubaï. C’était ni fait, ni à faire et j’ai eu la journée pour tout reprendre.

Donc c’est vrai que c’est un métier de passion dans le sens où on ne compte pas ses heures puisque l’on est tributaire de tellement d’autres personnes, que ce soit dans l’entreprise ou dans l’extérieur. Je me suis déjà vu rester au travail jusqu’à minuit voir 1h du matin parce qu’il fallait boucler un dossier pour le lendemain. Il y a d’autres fois où, lorsqu’on travaille avec l’étranger, il faut tenir compte du décalage horaire. Après, si tu fais ce métier avec passion, tu ne compteras pas trop tes heures puisqu’il s’agit d’un plaisir, si je peux dire ça vulgairement.

Avenir de ce métier

Je pense pas que ça va disparaître de si tôt. Aujourd’hui, quand je vends du voyage, j’essaye toujours d’intégrer un contenu ou une histoire, pour que le client se rende compte qu’on a vraiment bosser.

Face à d’autres agences qui arrivent avec des dossiers un peu bateau et qui ne font plus trop rêver, les clients deviennent de plus en plus exigents. Je pense que le planneur stratégique permet de « pimper » un peu les recommandations et d’apporter du rêve, tout simplement. On vend un peu du marketing en fait, dans le sens où on montre un maximum qu’on a compris le brief, qui est le client, et ce qu’il veut, qu’on a LA solution qu’il lui faut et qu’il ne peut que nous faire confiance !

Evolution possible ?

Changer de pays, ouais pourquoi pas. Ça dépendra encore une fois des opportunités qui se présentent. Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis épanouie dans mon métier puisque c’est un métier que j’apprends, quand on apprend quelque chose, c’est un peu hasardeux : parfois on se trompe, et à 30 ans, c’est un peu compliqué d’accepter de se tromper.

Du coup, ce n’est pas un métier où je suis super à l’aise encore, mais il n’en reste pas moins super intéressant car il y a beaucoup de chose à découvrir. Mais demain, est-ce que je ferai autre chose ? Peut-être, si je suis contactée par une autre agence qui me propose quelque chose d’encore plus intéressant, pourquoi pas. Peut-être qu’un jour je serais directrice de clientèle, comme c’est souvent le cas des chefs de projet sénior.

Merci à toi Gaëlle pour ce super retour d’expérience ! Le métier de planneur stratégique a vraiment l’air d’une profession qui permet de toucher à beaucoup de choses ! Et ton retour sur ton parcours est vraiment passionant ! Encore un grand merci à toi !  

Planneur stratégique : comprendre le métier grâce au retour d'expérience de Gaëlle #communicationClick to Tweet
Gaëlle nous fait découvrir son métier de planneur stratégique
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