Salut la compagnie ! Aujourd’hui nous te proposons un retour d’expérience d’Antonio, un professionnel du web qui est graphiste et concepteur web ! Il nous raconte son parcours et le coeur de son métier de freelance, de quoi t’aider à t’aiguiller pour ton avenir professionnel !

Salut Antonio ! C’est un plaisir pour nous de te recevoir, tu pourrais te présenter toi et ton parcours à nos lecteurs ? ;)

Salut ! Je m’appelle Antonio Lefebvre, je vis dans le Gers, j’ai 34 ans et je suis graphiste et concepteur web sous le statut auto-entrepreneur depuis 2010. Je suis aussi batteur dans plusieurs groupes, du jazz au métal en passant par la funk, et réalise à mes temps perdus divers courts métrages et webséries sur le net. Attiré par l’informatique et le dessin depuis tout petit, et heureux possesseur d’un Atari XE sur lequel j’ai tapé mes premières lignes de code, je me destinais, comme beaucoup aujourd’hui, à la création de jeux vidéo ! Après des études laborieuses et l’obtention in-extremis de mon baccalauréat, je suis parti en faculté d’Arts Plastiques pour tenter une approche un peu plus « conceptuelle » des métiers artistiques. L’expérience fût douloureuse et inadaptée à mes attentes et fonctionnement, hélas. J’ai donc décidé de partir sur une toute autre voie, et commencé à postuler spontanément auprès de diverses sociétés, d’abord pour de la téléprospection, puis de la vente, pour finir par trouver une place d’ingénieur commercial dans une société française spécialisée dans l’emailing en masse. C’est là que j’ai été confronté quotidiennement aux problématiques des TPE et PME, et plus particulièrement à leurs besoins récurrents, pour lesquels ils n’avaient pas les ressources en interne. Bidouillant déjà alors pas mal en HTML/CSS pour la création de sites persos, j’ai décidé de me lancer quelques années plus tard en tant qu’indépendant, et plus particulièrement dans la création de newsletters et la gestion de campagnes d’e-mail. Une chose en entraînant une autre, j’ai élargi ma gamme de services pour être en mesure d’offrir ce que je propose aujourd’hui.

Si j’ai bien compris tu as tout appris tel un autodidacte, et tu as décidé de te lancer dans l’entreprenariat directement après ça. Tu pourrais nous parler un peu de ta boîte et de ton activité ?

Mes activités recouvrent une grande partie des besoins web et print des petites et moyennes entreprises, bien que cela n’empêche pas que je puisse parfois travailler pour de plus grands groupes. La flexibilité est importante lorsqu’on s’adresse à des néophytes, c’est la raison pour laquelle j’essaie d’être en mesure de pouvoir gérer de manière autonome un projet de A à Z, en multipliant mes compétences, de sorte à avoir une solution pour chaque problème. On me demande beaucoup de logos, si bien que j’ai créé un site internet spécialement destiné à la création de logos avec des offres simples et des tarifs abordables. Je réalise aussi des sites e-commerce, des sites web vitrine, je fais parfois des développements spécifiques, et tout un tas de prestations graphiques, de la réalisation de flyers à la création de chartes graphiques complètes. Si d’aventure je suis confronté à un domaine que je ne maîtrise pas totalement, que ce soit en développement ou en graphisme, j’ai su m’entourer au fil des années de nombreux collaborateurs qui peuvent me venir en aide sur ces points spécifiques.

Tu avais l’air d’avoir un poste plutôt sympa (ingénieur commercial), pourquoi une reconversion du coup ?

L’ingénierie commerciale est un métier enrichissant et passionnant, mais également stressant et compliqué. Par ailleurs, et c’est probablement une question de personnalité, j’ai toujours eu des difficultés à assumer les prises de position d’une hiérarchie, lorsque celles-ci me paraissent aller à l’encontre du bon sens et de la réalité du terrain. La meilleure solution pour moi était de tenter l’aventure entrepreneuriale, dans un contexte où j’avais détecté de nombreux besoins auxquels je pouvais répondre.

À quoi ressemble une journée chez Holycow ?

Une journée commence tard ! Je ne suis pas un couche-tôt, et je vis un peu en décalé, il faut bien l’avouer. Mais d’après ce que je constate autour de moi, nombreux sont les développeurs et les travailleurs indépendants à avoir ce rythme de vie. J’avoue moi-même avoir une bien meilleure productivité la nuit tombée. Ma journée type reste la même que beaucoup de travailleurs, employés ou pas. Je consulte mes mails en sirotant mon café, rappelle les clients et prospects, et établis les devis négociés. Je suis en permanence connecté à de nombreuses plateformes de freelance sur lesquelles je réponds aux appels d’offres dès qu’ils sont postés. Je travaille ensuite un peu au référencement et à la maintenance des sites de certains clients puis continue les travaux en cours, dans l’optique de respecter les délais de livraison tout en alimentant les contrats entrants.

En ce qui concerne mes process, il ne faut pas se leurrer, la vie et les revenus d’un entrepreneur sont assez instables lorsque l’on ne dispose pas de sources de leads récurrents. Tout est question de business plan. Personnellement, j’ai assez peu de clients récurrents, ce qui est n’est pas nécessairement la meilleure option, mais qui fonctionne bien en ce qui me concerne. Ce choix est personnel, il va de pair avec ma tranquillité d’esprit et ma sérénité. Un client agréable et bon payeur récurrent, c’est intéressant, mais ils n’ont hélas pas tous ces qualités, et ça peut devenir alors très compliqué à gérer au quotidien. Au même titre qu’un client est précautionneux sur le choix de son prestataire, les prestataires se doivent d’être vigilants sur le type de clients auxquels ils ont affaire. J’en ai hélas fait les frais à mes débuts, et je fais désormais très attention aux « esclavagistes » qui croient que tout leur est dû à moindre coût. Heureusement ils ne sont qu’une minorité, et la mise en place de certains process de travail, comme la signature systématique de contrats, le versement d’un acompte avant travaux et un contact téléphonique peuvent aider à se prémunir des mauvaises expériences.

D’éventuels projets d’expansion de l’activité de ta boîte ?

Une expansion signifierait un investissement conséquent, et je préfère pour l’instant mon statut d’indépendant, qui me permet d’avoir un bon niveau de vie, une tranquillité d’esprit, de choisir mes clients et mes horaires, sans avoir de pression patronale. Il n’y a certes pas que des bons aspects, mais je n’ai pas encore établi de business plan suffisamment solide qui justifierait un changement de statut dans l’immédiat. Mais j’y travaille

Je pense que tout le monde (moi inclus) se pose la question… Holycow c’est plutôt original ! Il y a une petite histoire derrière ce nom .. ? ;)

Rien de bien mystique j’en ai peur ! Je jouais beaucoup en ligne à une époque, et un ami gamer du Pays de Galle, plutôt poli, criait « Holycow ! » dans son micro plutôt que les jurons habituels lorsqu’il était énervé. Ça m’avait marqué je ne sais pas vraiment pourquoi, mais toujours est-il que je trouvais l’interjection jolie, punchy et évocatrice. Cette période correspondant exactement au moment de la création de mon activité, j’ai opté pour ce nom ! Par ailleurs j’ai constaté une chose, et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi un nom, plutôt que d’exercer directement en nom propre comme beaucoup d’entrepreneurs le font : les clients veulent la qualité de service d’une agence, mais au tarif freelance. Et c’est bien compréhensible ! Ils veulent d’ailleurs également tout ce qui est inhérent au freelance : disponibilité, réactivité, flexibilité. Je pense donc que travailler sous l’égide d’une enseigne crédibilise mon activité, et même si je ne cache en aucun cas le fait de travailler seul, je suis persuadé que la plupart des clients sont rassurés de voir que j’ai travaillé mon image de marque, surtout s’il est question de travailler la leur !

Aurais-tu des conseils à donner aux éventuels futurs entrepreneurs, aux personnes qui veulent changer de métier, ou au sens plus large, à nos lecteurs ?

Je pense qu’il est indispensable d’être polyvalent, et de ne négliger en aucun cas ni son image de marque, ni sa force commerciale. Car il faut bien être honnête, aussi amoureux qu’on puisse être de son travail ou de sa passion : il s’agit de commerce. Par exemple un bon développeur n’est pas nécessairement un bon communiquant, et c’est souvent là que le bât blesse. On a beau être le plus talentueux dans son activité, un client sera toujours méfiant si l’offre n’est pas claire et structurée, si l’image n’est pas soignée (site internet bancal ou logo de mauvaise qualité), et si la communication n’est pas excellente. Etre freelance, c’est de l’empathie et du bon sens avant tout. En disposant de ces deux qualités, et avec un peu d’huile de coude, on peut parvenir à tout, j’en suis persuadé.

Merci beaucoup Antonio pour ton temps, on te souhaite le meilleur dans ton activité et on espère que cet échange très constructif permettra à nos lecteurs d’avoir un aperçu des coulisses du statut de freelance dans le web !

Et toi cher lecteur, tu peux retrouver Antonio sur son site Holycow graphiste freelance et concepteur web, et si tu as des questions où un avis, n’hésite pas à intervenir dans les commentaires  

Interview d’un entrepreneur du web : Holycow
5 (100%) 2 votes

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4 réflexions sur “ Interview d’un entrepreneur du web : Holycow ”

  1. Interview très intéressante comme toujours ! L’entrepreneuriat est vraiment quelque chose qui me donne envie mais qui me fait aussi terriblement peur… Ce genre d’interview me redonne confiance et je me dis que lorsque nous sommes motivés, travailleur et que nous avons une idée et un business model solide, cela ne peut que fonctionner.

    Ayant déjà travaillé plus d’un an dans une agence de communication en tant que développeur, j’ai eu l’occasion de travailler avec des clients plus ou moins sympathiques. Malheureusement, l’esclavagisme chez le client est quelque chose de relativement courant et je suis heureux de savoir que même un freelance trouve les moyens de prévenir contre ce genre d’énergumène.

    Je ne peux que souhaiter une bonne continuation à Holycow et au BlogduMMI !

    1. Salut Sylvain ! Merci pour ton commentaire

      L’entreprenariat est un sujet extrêmement vaste et compliqué, et un sujet que je ne maîtrise pas tout à fait personnellement, mais je vais te donner un conseil qui, peut être, t’aideras ou aidera d’autres personnes : Nous sommes jeunes. On a toute la vie devant nous. Si on veut entreprendre, c’est aujourd’hui qu’il faut le faire ! Avec 1 an d’expérience en agence de com de toute manière au pire si ça ne marche pas tu ne galèreras pas trop à retrouver du boulot théoriquement. Quand on a 40+ ans, et des grandes responsabilités, entreprendre est une décision très difficile à prendre. Mais quand on est jeunes, c’est le moment ou jamais d’essayer ! Si tu as des réserves économiques, il ne peut pas t’arriver grand chose à part une déception.

      Osez !

  2. Wow heureusement qu’il y a le lien à la fin car lorsque j’ai vu le titre de l’article, j’ai tout de suite chercher.
    Et je suis tombé sur ça : http://www.holycow.ch/fr/
    Me demandant ce qu’une Burger Company faisait dans le web, j’ai continué à lire… J’ai bien fait étant donné que ce ne sont pas les mêmes personnes !

    En tout cas, merci pour ce post très intéressant !
    Justement, concernant un développeur qui n’est pas un communiquant ; que proposes-tu ? Se lier avec un autre freelance en communication (et de confiance cela va de soit), ou bien de se prendre le bras et travailler son coté commercial ?
    De plus, j’ai pu voir que tu es sur la plateforme Codeur.com, qu’en penses-tu ? Bien que tu sois bien placé désormais (35e/119K), il a bien fallu convaincre au départ.

    1. Hello et merci pour les commentaires !

      Dans le cas extrême d’un développeur qui n’est ni un communiquant, ni un commercial, voire qui a une téléphonophobie (le mot existe vraiment – et dieu sait que ça concerne un grand nombre de développeurs que j’ai croisés – beaucoup n’envisagent pas une seule seconde de prendre le téléphone, même pour un contrat à 50k) il faut effectivement s’entourer pour démarrer, c’est indispensable. D’ailleurs il est également utile de créer un petit collectif avec des profils variés pour pouvoir avoir de l’aide en cas de demande spécifique qu’on ne peut pas réaliser soi-même, c’est toujours dommage de donner la main à un prestataire externe sur son client. Ce genre de réseau se développe finalement assez facilement sur le net, à mesure qu’on avance.

      Mais il y a des contre-exemples, car j’en connais aussi qui traitent absolument tout par mail pour ne pas être dérangé toutes les cinq minutes -> C’est vrai que parfois fois on donne la main… et on nous mange le bras… Cependant ils s’expriment de manière très claire et concise par écrit et savent résumer de manière simple des problèmes complexes. Et il faut avouer qu’ils s’en sortent très bien pour certains d’entre eux !

      Les plateformes comme codeur ont toutes leurs avantages et leurs inconvénients, et effectivement les débuts sont assez difficiles, car même s’il y a beaucoup de demandes, il faut faire le tri entre les offres farfelues et les sérieuses, et c’est extrêmement chronophage, entre autres. Mais ça peut être un bon point de départ pour constituer son réseau, et décrocher ses premiers contrats. Je le répète : une force commerciale est indispensable à mon sens. Je vois passer tous les jours des prestataires qui se plaignent de ne recevoir aucune réponse de la part des clients alors que leur offre est propre, qu’ils sont bons, à des tarifs ultra compétitifs. Mais ce n’est pas suffisant, un communiquant aura toujours de meilleures chances de décrocher un contrat avec un discours rodé et adapté à son interlocuteur (on n’assomme pas de technique un néophyte au même titre qu’on ne prend pas pour un imbécile un technicien, il faut de l’empathie).

      Donc à défaut d’effectivement « se prendre par le bras et travailler son côté commercial », il faut savoir s’entourer ou mettre en place des process très précis et rassurants de communication écrite (messagerie instantanée, mails…)

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