L’année 2018 n’est plus très loin, et certains ou certaines ont déjà planifié comme bonnes résolutions qu’ils se lanceront en freelance dès le début de l’année ? Si c’est ton cas, cet article est pour toi !

Aujourd’hui, on se retrouve avec Louis Foulet qui a bien voulu répondre à nos questions sur son parcours professionnel très intéressant, puisqu’il est aujourd’hui développeur web freelance ! Il t’en parlera mieux qu’on moi, donc place aux questions/réponses :

Hello Louis, peux-tu nous parler de toi ?

Louis Foulet
Louis Foulet

Bonjour David, je suis un jeune diplômé MMI en freelance dans la création de site web. Je me suis intéressé dès mon adolescence aux nouvelles technologies et j’ai appris en autodidacte la base de la programmation web. Après mon BAC S, j’ai fais une année en licence de Mathématiques Physique Chimie et Informatique à l’université de Bourgogne à Dijon. J’ai très vite compris que cette formation ne me correspondait pas et qu’il fallait que je me réoriente. Au cours de cette même année, j’ai eu l’occasion de mettre en pratique ce que j’avais appris en créant le site web de l’association de mon frère. C’est grâce à ce projet que j’ai réalisé qu’il fallait que je choisisse une formation dans le multimédia. C’est comme ça que j’ai fini par mettre les pieds en MMI à l’IUT de Dijon.

Dans mon cursus j’ai eu la chance d’avoir une super prof d’anglais qui m’a donné envie d’effectuer mon stage de deuxième année à l’étranger. J’ai alors passé 3 mois dans une agence Web à Prague. Bien-entendu étant un stage non rémunéré, j’ai dû me lancer en fin de première année en tant qu’auto-entrepreneur pour pouvoir le financer. Une fois diplômé, j’ai choisi de faire un DUETI stage de 8 mois chez Matise, une agence web basée Amsterdam. J’ai fini mon stage début juillet et je suis rentré sur Dijon pour me lancer (réellement cette fois-ci) en freelance.

Qu’as-tu fait pendant ton DUT MMI à Dijon ?

Durant mon DUT, j’ai eu l’occasion de toucher à tous les domaines du multimédia, en passant du marketing au services sur réseaux. La formation en elle-même se veut très générale, donc nous avons l’occasion d’apprendre les bases de chaque domaine. De plus, étant une formation professionnalisante, l’accent est mis sur la pratique individuelle ou en groupe. Apprendre à collaborer entre personnes avec des profils différents est sûrement l’un des aspects les plus formateur, surtout quand on touche à des domaines techniques comme la programmation (web/JAVA) ou le design.

Dans quasiment chaque module, nous avons dû réaliser un/des projet(s) (étude marketing, création d’identité visuel, développement de sites web etc…). J’ai beaucoup aimé les projets tuteurés qui permettent de réaliser un projet en groupe pour un commanditaire dans un contexte professionnel. On est directement plongé dans le monde du travail où l’on doit gérer la relation client, le contrôle qualité, etc … Ça nous donne déjà un premier aperçu de la réalité.

Comme beaucoup je n’étais pas très friand de certaines matières comme le services sur réseaux, le marketing… Enfin tout ce qui ne touchait pas à la programmation ou au design…C’est-à-dire beaucoup de modules. Cependant, je me suis rendu compte au fur et à mesure, après le MMI, que toutes ses notions dans les modules “secondaires” m’étaient très utiles. Par exemple, l’utilisation d’un environnement de développement basé sur Docker, les notions de réseaux m’étaient très utiles (gestions des ports, utilisation de debian/ubuntu version serveur etc) .

Le DUT est une formation professionnalisante où chaque étudiant devrait être capable de rentrer dans le monde du travail une fois diplômé (théoriquement). Le diplôme nous donne les bases de chaque domaine touchant au multimédia. J’ai remarqué que beaucoup d’étudiants boudaient les matières qu’ils ne les intéressaient pas (surtout les modules de programmation). À mon sens, c’est une énorme erreur. C’est un peu comme se tirer une balle dans le pied juste avant de commencer une course. Ces connaissances paraissent inutiles dans un premier temps cependant que ça soit dans le milieu professionnel ou pour entrer dans une école, elles sont nécessaires. Durant mon stage à Amsterdam et certains projets en indépendant, les connaissances acquises dans les modules “secondaires” (de mon point de vue personnel) m’ont permis soit de savoir de quoi on parlait (parfois ça aide) et même de pouvoir intervenir dans celles-ci.

Cependant, le programme MMI n’est pas suffisant pour permettre d’être prêt au monde professionnel, il nous manque trop de connaissances techniques et théoriques. La formation nous fait sortir “moyen“ dans tous les domaines, c’est pour cela qu’il faut au cours de son diplôme travailler en autodidacte dans les domaines qui nous intéressent. Il faut absolument aller plus loin que ce qui est proposé par la formation sous peine de ne pas réussir dans la branche qu’on a choisi.

Et le DUETI MMI, qu’est-ce que c’est ?

Après un DUT tous les étudiants ont la possibilité de faire un DUETI (Diplôme Universitaire d’Etudes Technologiques Internationales). Ce diplôme n’est possible que dans la foulé du DUT, il ne faut pas avoir effectué une année entre les deux. Le DUETI consiste à partir à l’étranger, dans un domaine similaire à son DUT, en université ou en entreprise. J’ai choisi le DUETI stage pour m’immerger complètement dans le monde professionnel et me focaliser uniquement sur le métier que je voulais faire.

Lors de mon stage en MMI, je suis parti faire mon stage à Prague et j’ai eu envie de renouveler l’expérience. La recherche de stage est le premier gros problème car on doit trouver son entreprise seul (bien entendu l’IUT peut fournir la liste des entreprises ayant accueilli des étudiants auparavant, mais c’est généralement peu intéressant). J’ai ciblé ma recherche sur des pays nordiques et les Pays-Bas. Le deuxième problème arrive, la rémunération. À l’étranger, dans certains pays, ils n’ont pas l’obligation de rémunérer les stages. Du coup, vivre 8 mois à l’étranger sur ses propres moyens (mes parents me soutenaient comme ils pouvaient) est très difficile, surtout quand on cible des capitales. J’ai eu quelques réponses positives très intéressantes mais avec une gratification insuffisante pour me permettre de vivre. Finalement j’ai réussi à trouver mon stage à Amsterdam dans une petite agence montante (matise.nl) en tant qu’UX/UI designer et développeur web. J’étais leur premier stagiaire étranger et je suis arrivé pile au moment où les choses décollaient pour eux. J’ai eu la chance de travailler sur des projets très intéressants pour de grosses compagnies (Côte d’Or, Schweppes, Audi, BBB cycling…).

Le gros avantage d’un DUETI stage est le gain d’expérience. Le fait de pratiquer quotidiennement m’a fait énormément progresser. Au fur et à mesure du stage, ils m’ont donné de plus en plus de responsabilités pour finalement être considéré comme un employé, mais avec un salaire de stagiaire ahah. J’avais prévu d’arrêter les études après mon DUETI pour me lancer en freelance. Mon stage a été une parfaite préparation à ce projet.

Le DUETI est vraiment une expérience exceptionnelle à condition d’être dans une bonne entreprise. Je pense que le plus dur est de trouver une entreprise répondant à toutes nos attentes afin de s’épanouïr pleinement dans le stage.

Qu’est-ce qui t’as attiré vers le métier développeur web freelance ?

Le statut d’indépendant permet de pouvoir faire les choses à sa sauce. Le fait d’être son propre patron permet une grande flexibilité dans l’organisation du temps de travail et les outils utilisés. J’ai toujours aimé faire les choses par moi-même, expérimenter et apprendre sur le tas. C’est pour cela que je me suis orienté vers cette solution. Être indépendant permet se forger une solide expérience professionnel car il faut tout gérer soi-même. J’ai pas mal été aiguillé par mes professeurs indépendants en MMI ainsi que mon tuteur de stage à Matise sur la manière d’entreprendre les choses. Ils m’ont partagé leurs expériences pour que j’évite de reproduire des erreurs grossières qu’ils avaient commis.

Comment t’y es-tu pris pour obtenir le statut de freelance ?

L’Etat a beaucoup simplifié la manière de créer sa micro-entreprise et fournit pas mal de documentation à propos du statut. Les démarches sont décrites ici : www.lautoentrepreneur.fr

Avant de créer sa micro-entreprise, il faut se renseigner auprès d’indépendants, de sites gouvernementaux ou directement à la chambre de commerce. Il faut bien faire attention et bien comprendre tout ce qu’on remplie comme formulaire car on peut se retrouver à devoir payer des sommes exorbitante sans le savoir.

Comment trouves-tu des clients ?

Ce point était ma plus grande peur lorsque je me suis lancé. Il y a beaucoup de plateformes permettant aux freelances de trouver des missions. Cependant je ne suis pas un partisan de cette méthode. Je favorise avant tout le réseau, via LinkedIn ou mes connaissances. J’ai la chance d’avoir des amis pouvant rediriger des clients vers moi. Après, je n’en suis qu’au début donc je ne suis pas encore en mesure de juger correctement ma méthode actuelle. La seule chose dont je suis sûr, c’est qu’il faut faire marcher son réseau. Si les clients sont contents de mes prestations, ils me recommanderont à leurs contacts, etc.

Quels sont tes objectifs pour l’avenir en tant que développeur web freelance ?

Dans un premier temps, j’aimerai agrandir mon réseau pour avoir plus d’opportunités et obtenir plus de contrats. Une fois cet objectif rempli, j’aimerai commencer à investir du temps (et de l’argent) pour me former. J’aimerai à terme avoir ½ ou 1 jour dans la semaine consacré exclusivement à l’expérimentation de nouvelles technologies/logiciels et à des projets personnels. Je vous invite à visionner cette conférence Devoxx, ou au moins le début, où Hubert Sablonniere démontre avec brio l’importance de l’expérimentation :

Une anecdote à partager sur ton parcours ?

Les aberrations en MMI, c’est monnaie courante ! Quelques exemples assez rigolos et uniquement avec du recul que j’ai eu à faire :

  • création d’un snake en PHP (si tu ne vois pas le problème, je t’assure que c’est l’essence même du mal quand tu commences le PHP).
  • partiel de programmation sur papier car c’est toujours plus fun quand tu n’as pas accès à la doc et que tu ne peux pas tester ton code  
  • les sondage en marketing. Bon d’accord c’est pas aberrant pour du marketing, mais qu’est ce que c’est chiant de faire remplir tes 150 formulaires papiers (les Google Forms c’est moins drôle)

Mais je crois que j’ai aussi une datant de mon stage à Prague. J’ai dû expliquer à une cliente pourquoi elle ne voyait pas toujours entièrement l’image en background dans un header fullscreen, le tout en anglais au cours des mes premières semaines  

Voici donc l’histoire de Louis, un vrai esprit d’entreprenariat ! C’est rassurant de se dire que finalement, c’est possible avec un DUT MMI en poche de se lancer dans le monde du travail et de démarrer une vraie activité professionnelle ! Merci beaucoup Louis pour ce temps que tu as consacré à cette interview !

Le parcours #AfterMMI de Louis : 'En #DUTMMI, j'ai travaillé à Prague et Amsterdam puis je suis devenu #freelance !'Click to Tweet

A toi de voir maintenant ce que tu souhaites faire, et si le chemin qu’a pris Louis t’intéresse, n’hésites pas à poser tes questions en commentaires !  

Et si l’aventure freelance te plait, voici quelques articles et retour d’expérience sur le sujet :

#AfterMMI : Comment Louis est devenu développeur web freelance en découvrant l’Europe
5 (100%) 3 votes

Une réflexion sur “ #AfterMMI : Comment Louis est devenu développeur web freelance en découvrant l’Europe ”

  1. Interview super intéressante !

    Si jamais Louis passe faire un tour sur les commentaires, j’ai quelques questions à lui poser :
    **1°** Quel est ton ressenti vis-à-vis des contrats que tu as déjà mené à terme en tant que freelance ? Aucun client n’a jamais essayé de te la faire à l’envers, te pensent jeune et naïf ? Genre un client qui en voudrait pour son argent et qui te demanderait 3x plus que ce qu’il a payé (j’ai bossé en agence quelques temps et j’en ai croisé des clients gourmands)
    **2°** Si ton seul bagage scolaire correspond à ce que tu as appris en DUT MMI et à ton expérience en DUETI / freelance, n’as-tu pas peur de voir tes connaissances stagner ? Je te demande ça car je sais que certaines notions que j’ai appris en école d’ingé’ ne me seraient jamais venues toutes seules et certaines me sont très utile dans mon boulot.
    **3°** Tu as parlé de te trouver du temps entre tes contrats freelance pour expérimenter des technologies mais as-tu prévu de passer du temps à te former ? Expérimenter des technologies est une étape très importante et c’est très bien de lui donner autant d’importance. Cependant, si jamais tu venais à adopter une technologie afin de te spécialiser dans celle-ci, par exemple, en décidant de faire tous les sites avec Angular, et bien il te faudra plus que des expérimentations pour comprendre et maîtriser certaines notions techniques de ce framework. Garde à l’esprit que savoir comment fonctionne une techno, ce n’est que la moitié du travail : il faut aussi savoir pourquoi cette techno fonctionne de cette manière et pas d’une autre.

    Je te félicite pour ton courage et ta détermination et je te souhaite une très bonne continuation !

    Merci au Blog du MMI pour son taf titanesque <3

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